Bien choisir ses chaussures de sport avec Karyl PEYROLLE

Faire du sport : OUI. Mais pas n’importe comment et pas avec n’importe quel équipement, au risque de se blesser et de devoir abandonner lâchement alors qu’on était pourtant plein de bonne volonté !

Qui dit “sport” dit “chaussure de sport”, l’équipement de base de toutes les disciplines qui se pratiquent sur la terre ferme (ou presque). Inutile de posséder la panoplie complète des derniers gadgets fitness si vous n’avez pas de bonnes chaussures, vous courrez droit à la catastrophe.

Pourquoi ? Parce qu’il existe une infinité de modèles et de technologies spécifiques à chaque discipline. Mais aussi parce que votre morphologie et la forme de vos pieds jouent un rôle primordial. La chaussure qui conviendra à votre “Gym partner” ne vous conviendra pas forcément à vous.

Bien choisir ses chaussures de sport est donc indispensable. Mais il y en a tellement sur le marché qu’on peut vite s’y perdre et ne pas savoir vers quoi se diriger. Heureusement, Karyl PEYROLLE, physiothérapeute est là pour vous guider et vous permettre de trouver… chaussure à votre pied !

L’habit ne fait pas le moine

“Ce n’est pas parce qu’une chaussure est fun, colorée et à la mode que c’est une bonne chaussure. Le style ne fait pas la qualité, et d’ailleurs le prix non plus !” prévient Karyl. Sa mise en garde est absolument justifiée : devant le rayon « sport », on est toutes et tous attirés en premier par le visuel, un style ou une marque. Et on aurait tendance à penser que plus un modèle est cher, mieux il est. mais le “beau” et le “cher” ne sont pas gage de qualité. Et s’il est motivant de porter un modèle qui nous plaît, il va falloir trouver le bon compromis entre chaussure adaptée et chaussure stylée !

La base de la base

Peu importe le sport que l’on pratique ou notre morphologie, Karyl définit 3 critères de base pour savoir si une chaussure et de bonne qualité ou pas, ou alors si elle est trop vieille :

1 – Le contrefort est la partie postérieure de la chaussure. Elle doit maintenir et bien stabiliser le talon.

2 – La partie du milieu s’appelle la « voûte mid-tarsienne ». Cette partie doit avoir une torsion modérée. C’est cette partie à laquelle on fera particulièrement attention pour une chaussure de running.

3 – La partie avant de la chaussure, qui se trouve à la région métatarsophalangienne (au niveau des articulations des orteils) doit être très flexible tout en gardant une bonne forme.

RUNNING :

Il s’agit sans aucun doute du sport pour lequel le choix de ses chaussures est le plus crucial.

Selon son sexe​: La morphologie du pied est différente selon si l’on est un homme ou une femme. C’est le premier critère à prendre en compte.

Selon sa foulée​: C’est LE critère le plus important, pourtant nombreux sont les coureurs qui ne connaissent pas leur foulée ! « Si on a un doute, on peut regarder ses chaussures actuelles : il suffit de repérer les endroits ou la semelle est la plus usée pour avoir une idée assez fiable de son type de foulée » conseille Karyl.

La sélection de Karyl:

La marque ASICS est indéniablement le leader en Running. Elle offre un choix complet suivant l’anatomie du pied, le type de foulée et de terrain.

Pronateurs ​:

  • GEL Kayano 23 : Le meilleur en terme de soutien & stabilité.
  • GEL DS trainer.
  • GT 2000 : Idéal sur route.

Pronateurs/Neutres ​:

  • GEL GT 2000.
  • GEL GT 1000 5 : Idéal sur route.
  • GEL DS Racer 11 : Idéal pour les entraînements de vitesse.

Neutres :

  • GEL Nimbus : Incontournable pour un pied avec une arche « normale ».
  • GEL Noosa : Une référence pour les tri-athlètes avec un pied neutre. Elle s’enlève très facilement grâce a sa languette et le contrefort antidérapant. Elle permet aussi de courir sans chaussette, pour des transitions rapides lors d’un triathlon.

Supinateurs :

ASICS GEL-Cumulus : La référence pour les coureurs supinateurs. La GEL Cumulus 18 est idéal sur route.

Neutre/Supinateur​:

  • GEL Dynaflyte : Idéal sur route.
  • GEL Hyper Speed : Pour les entraînements de vitesse.

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Selon son poids ​: Un coureur lourd avec une chaussure légère écrasera sa chaussure : il n’aura pas de bonnes sensations et augmentera les risques de blessure. A l’inverse, un coureur léger aura l’impression “de se traîner » avec une chaussure lourde aux pieds. Conclusion : plus on pèse lourd, plus les chaussures doivent pouvoir supporter notre poids !

Selon sa fréquence de pratique​ : Un coureur occasionnel n’aura pas les mêmes besoins qu’un coureur régulier. Pour les débutants, il faudra choisir une chaussure avec un bon amorti. Pour les plus avisés, une chaussure polyvalente qui peut aller sur toutes les distances est plus conseillée. Amorti moelleux ou dynamique, c’est selon les sensations voulues.

NB : Préférer les matières qui laissent passer l’air pour que le pied « respire », et toujours prendre une demi, voire une pointure au dessus de sa pointure habituelle. Pendant l’effort, le pied gonfle !

SALLE DE SPORT / CROSSFIT :

Les fameux « Legday », ou « jours des jambes » impliquent de très bon appuis pour garder un bon équilibre. « Les mouvements type squats ou soulevés de terre, par exemple, nécessitent d’être bien ancré au sol pour un maximum de stabilité. On choisira donc une chaussure très stable, avec un bon maintien du pied et de la cheville. La semelle devra être assez rigide et relativement plate pour augmenter la surface de contact entre le pied et le sol. Le pied doit être stable sans être compressé ».

Pour les entraînements du haut du corps, « il n’y a pas de recommandations particulières » indique Karyl. Plutôt logique : les exercices qui les composent ne demandent pas ou peu d’appuis importants. On peut donc utiliser les mêmes chaussures pour les 2 types de séance.

EN EXTÉRIEUR :

Bien que le choix soit moins crucial que pour le running, le fitness en extérieur est souvent composé de mouvements pliométriques et dynamiques à base de sauts et donc d’impacts (squats sautés, jumpings jacks, burpees…), « il faudra par conséquent utiliser des chaussures avec maintien ET amorti ». Et puisqu’on ne peut pas tous investir dans 3 paires de chaussures, la paire de running sera la mieux adaptée.

Les conseils bonus de Karyl Peyrolle:

  • « Quelqu’un qui court beaucoup et souvent sera forcément amené à courir sur différents terrains : route, sentier, piste, chemin irrégulier… Dans ce cas, alterner 2 paires de chaussures : une pour les terrains lisses et durs, type piste ou route, et une pour les terrains plus « naturels » et irréguliers. Autre avantage : en alternant 2 paires, elles s’useront moins vite ! »
  • « Quand doit-on changer de chaussures de running ? Généralement, un coureur avisé devra changer tous les 6 mois. Un coureur moyen pourra quant à lui garder sa paire environ un an. »
  • On voit émerger la tendance des chaussures de running « minimalistes », des modèles très fins qui épousent la forme du pied. Certaines ont même des orteils. Le but ? Reproduire la sensation naturelle de courir « pieds nus ». Karyl tire la sonnette d’alarme : « nos ancêtres nomades se déplaçaient… en marchant ! Physiologiquement, l’homme n’est pas fait pour parcourir de longues distances en courant. A long terme, les chaussures minimalistes risquent de provoquer des problèmes au niveau du dos et des articulations. Je conseille vraiment de préférer une paire avec un amorti pour encaisser les chocs. »

Conclusion :

Choisir ses chaussures de sport nécessite un minimum de connaissances techniques. Et vous l’aurez peut-être deviné, il est recommandé de les ESSAYER. A moins d’être un expert, commander sur internet est très risqué : on a vite fait de tomber sur des chaussures inadaptées, avec un gros risque de se blesser. L’autre intérêt de pouvoir essayer ses chaussures est de voir si on se sent bien dedans. Et oui, il peut arriver que tous les critères soient réunis et que malgré tout, vous ne soyez pas à l’aise. Dans ce cas, inutile de s’obstiner : ce n’est pas la bonne ! « Si vous ne vous sentez pas bien dans une chaussure de sport, vous ne le serez jamais », souligne Karyl. Mais nul doute qu’avec tous ses bons conseils, vous trouverez la paire parfaite.

Texte : Julia Le Métayer