Il devait reprendre la ferme de son grand-père. Un rêve qu’il a gardé jusqu’à l’âge de 20 ans jusqu’à ce qu’il découvre le monde. À force de travail et de persévérance il a monté plusieurs entreprises. Son groupe pèse plusieurs dizaine de millions d’euros. Rencontre avec un homme simple, épris de liberté, qui ne recule devant aucun obstacle.

Éric Favre a signé : « Je suis né sauvage, paysan… et entrepreneur ». Voilà qui résume en quelques mots sa vie qu’il mène tambours battants aux quatre coins du monde. En 2004, il a créé la holding Eric Favre Finance composé d’une petite dizaine de sociétés qui pèse plus de 30 millions d’euros et comte 175 employés. Une holding tournée vers le sport, le bien-être, la nutrition.

« Mais cela reste une entreprise familiale », insiste-t-il. Ses deux fils et son frère, notamment, y travaillent. Éric Favre, malgré sa réputation et la reconnaissance des sportifs et entrepreneurs du monde professionnel, reste simple, proche des gens et au service de ceux qui en ont besoin.

Né à Lyon, fils de paysan, il est resté dans la ferme familial qu’il souhaitait reprendre jusqu’à 20 ans. « J’ai arrêté l’école à 15 ans, je ne sortais jamais de la ferme parce que ça ne m’intéressait pas.» Il a tout de même dû effectuer son service militaire.

Il y a réalisé un rêve : les para-commandos. Il y a aussi découvert le monde. « Je me suis aperçu que j’avais des aptitudes de chef, de manager, l’armée a eu ça de bon. Cette découverte et l’apprentissage de la discipline. »

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Déception et promesses

En rentrant il a fait connaître sa décision, celle de quitter la ferme familiale « pour le plus grand malheur de mon grand-père qui avait tout misé sur moi. J’étais le dernier à pouvoir reprendre. Et pour le plus grand bonheur de mon père qui se battait pour que j’aille voir ailleurs et pour le plus grand. »

Au premier il a promis qu’il monterait un jour une entreprise qu’il appellerait les trois chênes en référence aux trois majestueux arbres de la cours. Des arbres qui avaient vu les joies et les malheurs de la famille depuis plusieurs générations. Au second, il annoncé qu’un jour son nom brillerait en lettre de feu dans le ciel. « Mon père me disait toujours que j’étais un bon à rien. Ce qui en un sens m’a porté car j’avance depuis mon enfance comme si je n’avais rien à perdre. D’ailleurs, je n’ai rien à perdre, qu’est-ce qu’on peut me prendre à part la santé ? Tout le reste n’est rien. »

Il a fait son entrée dans le monde avec les assurances. « Je me suis inscrit à un concours que j’ai passé, sans rien connaître. » Sur les quarante questions de culture générale, il a rédigé deux mots et est sorti au bout de cinq minutes d’épreuve.

« Il m’a donné ma chance »

« Le directeur, apprenant ça, m’a fait appeler. Je l’ai rencontré dans son bureau. Je lui ai dit que j’avais quitté l’école à 15 ans et que je n’avais aucune réponse. Le courant est passé, il m’a donné ma chance. » Il commençait la semaine suivante.

En quelques semaines il devenait le meilleur vendeur. « Pourquoi ? », interroge-t-il. « Pas parce que j’étais le meilleur mais parce que je travaillais le plus et le plus dur. Je ne pouvais pas décevoir le directeur, j’ai donné tout ce que j’avais. »

AU bout d’à peine un an, Éric Favre regardait déjà ailleurs, voyait plus grand. Il est entré dans le groupe Distribörg où il est resté deux ans et demi. « Je retrouvais les produits naturels, les graines de courge, de lin, les plantes, tout ce qui avait fait ma jeunesse, j’ai été soigné aux plantes par ma grand-mère pendant toute mon enfance. »

Gagner sa liberté

Cela n’a pas suffit, le commercial devenu multicartes a voulu être à son compte. Il a racheté une agence commerciale de produits diététique. « Je me suis endetté, je me suis formé à la naturopathie, la nutrition orthonormée, au coaching et j’ai travaillé. » Son passage a permis de multiplier par douze le chiffre d’affaires de la boîte. Nouveau succès auquel a succédé un nouveau challenge.

« En 1993, j’ai créé ma propre société. Je suis reparti de zéro. » Cette entreprise, baptisée Les 3 chênes, a d’abord vendu des produits d’herboristerie.  En 1999, Les 3 chênes voyaient naître une nouvelle structure de façon à pouvoir maîtriser aussi la R&D et la production. En juin 2000, le laboratoire entrait sur le Marché libre de la bourse de Paris, s’implantant dans 30 pays. Le succès continue.

Secret révélé

Pour tenir, Éric Favre a un secret. «Je suis un hyperactif et, quand j’ai commencé à être commercial, à passer du temps à table, à rester assis en voiture. J’ai dû trouver un moyen de me dépenser. Un ami m’a emmené dans une salle de sport pour faire de la musculation. J’ai adoré et n’ai jamais pu m’arrêter. »

Texte: Delphine Barrais

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