Rencontre avec Jean-Baptiste Cipriani, pizzaiolo, propriétaire de la roulotte Ciprianis et athlète en Men’s Physique. Il participe au Tahiti Body Contest prévu ce vendredi 17 décembre.

Depuis cette année, Jean-Baptiste Cipriani, 30 ans, est le propriétaire de la roulotte Ciprianis installée sur le parking Aorai Tini Hau. Une roulotte dans laquelle il a commencé à travailler il y a 13 ans et où il s’est formé à la fabrication de pizzas. Il a démarré la compétition en catégorie Men’s Physique en 2015 en participant au Tahiti body Contest. Cette activité, parfois difficile à concilier avec un métier de bouche, le passionne. Il s’entraîne entre deux et trois heures par jour selon qu’il soit ou non en compétition, s’astreint à un régime adapté quand il le faut, se documente, demande conseils auprès de différents coachs. À la veille du Jour J, il nous raconte son année de préparation, nous détaille ses espoirs et nous parle de ses projets pour les années à venir. « Pour réussir, il faut avoir envie et être obstiné », résume-t-il.

La compétition a lieu samedi quel est le programme jusqu’au jour J ?

« Je travaille jusqu’à mercredi soir. Ensuite, je fais encore une séance d’entraînement d’une heure et ensuite j’arrête tout. Je ferme la roulotte et je reste à me reposer. Je vais réduire l’eau 48 heures avant le début de la compétition, c’est-à-dire jeudi, je vais aussi réduire les efforts ».

Tu arrêtes l’eau complètement ?

« Non. L’an dernier pour l’édition 2015 j’ai arrêté complètement. Mais depuis je me suis renseigné, lu des livres, discuté avec d’autres et j’ai reçu les conseils de coachs qui m’ont dit que je pouvais boire un peu. Je me suis fixé 20 cl d’eau entre chaque repas, soit l’équivalent d’un verre. Je fais un test cette année. »

Et du point de vue alimentaire, qu’est-ce que tu t’autorises ?

« J’ai commencé sérieusement mon régime à partir de septembre. Avant j’ai été trop occupé par la roulotte, je travaille avec els manèges en juillet et août, je bosse 7 jours sur 7 et je fais beaucoup d’heure, c’est difficile. Je ne dis pas que je mange n’importe quoi, j’ai stabilisé mon poids pendant cette période. Depuis, j’ai arrêté petit à petit les fritures, sucreries, charcuteries etc. Je me suis mis au blanc d’œufs et blanc de poulet, aux légumes verts. Je m’octroie aussi des pommes et du pamplemousse ainsi que des fruits secs de temps en temps, amandes et noix de cajou notamment. »

Tu fais ce qu’on appelle un métier de bouche, tu es pizzaiolo, ce n’est pas trop compliqué de suivre un régime ?

« Si, bien sûr. Je rêve d’une pizza. Mais je suis déterminé, quand je fais quelque chose, je vais au bout. Pour réussir, il faut avoir envie et être obstiné. »

Tu veux bien nous décrire ton quotidien.

« Je m’entraîne à la salle entre 11 heures et 13 heures tous les jours de la semaine. Le week-end je n’y vais pas. Quand je peux je fais une petite sieste, ce qui est rare car j’ai toujours des courses à faire pour la roulotte. On s’installe à partir de 15 heures à Aorai Tini Hau, les premières commandes arrivent vers 17 heures. On travaille jusqu’à 21h30 en semaine, ce qui veut dire qu’on est à la maison entre 23 heures et minuit. Quand je suis en compétition, j’ajoute une heure d’entraînement chez moi, le soir en rentrant. Je travaille un peu plus tard le week-end. »

Parle-nous un peu de ce qui t’a amené au Men’s Physique.

« Adolescent j’étais en surpoids, j’ai pesé jusqu’à 110 kg quand j’avais 17/18 ans. Je ne voulais plus de ça. Je me suis mis à la musculation vers 19/20 ans. J’avoue que ce qui m’a motivé c’était les grands personnages comme Arnold. Je voulais avoir un corps comme eux, pas au même niveau bien sûr, mais je voulais m’en rapprocher. »

Fréquenter une salle de musculation et faire de la compétition, il y a un pas, quand et comment l’as-tu franchi ?

« C’est vrai que j’ai longtemps fait ça sans chercher vraiment à aller au-delà de mes limites. Je fréquentais la salle régulièrement mais sans plus. Un copain a participé à une compétition, je m’entraînais avec lui, j’ai vu son évolution et sa progression je me suis dit s’il peut, pourquoi pas moi et je me suis lancé. Pour moi tout a changé quand j’ai commencé à faire attention à mon alimentation. »

Quelle a été ta première compétition ?

« Le Tahiti Body Contest de 2015. J’ai fini au pied du podium, j’étais quatrième, c’est frustrant. Mon objectif samedi c’est de monter au moins une marche ! »

On pourra aussi compter sur toi en 2017 ?

« Non, je ne pense pas. Je vais être papa pour la deuxième fois en début d’année, je vais me consacrer à ma famille. On se donne rendez-vous en 2018 ? »

Delphine Barrais