Nous ne le présentons plus, Kader est certainement l’un des piliers du coaching en Polynésie française.

Préparateur physique, instructeur physique FIFA, titulaire d’un D.U. Europeen en préparation physique, d’un BEES 2 d’athlétisme et ancien sportif de haut-Niveau avec à son actif deux sélections d’équipe de France,  Kader est un passionné de tous les sports, de biomécanique et de médecine sportive. Autant dire que Kader est synonyme de passionné, passionné de sport !

13536188_10210115025618107_2051589237_nOn ne te présente plus. Tu es connu dans le milieu sportif notamment pour une émission que tu animais avec Poehere Roomataaroa il y a quelques années. Que devient Kader aujourd’hui ?

Effectivement en 2005 j’ai coproduit l’émission « Wake-Up Fenua » avec TNTV en collaboration avec Poehere  pendant un an et demi. Passionné de préparation physique, en 2008 – 2009 je quittais le Fenua pour une année et demie pour passer un Diplôme Universitaire Européen en Préparation Physique à Lyon, mais aussi Turin, Lausanne, Bruxelles et je reviens sur le territoire et commence ma collaboration avec la FIFA. Responsable du programme « Strength Training and Core stability » je propose aux 600 femmes arbitres Elites du monde entier tous les mois des exercices multiples sous forme de circuits à l’aide de logiciels performants.   Toujours entre deux avions, je partage mon emploi du temps entre la FIFA et ma propre salle de Coaching Privé « KSPORT+ » que nous avons créee en 2013 où je propose différents programmes destinés aux personnes exigeantes de leur bien être, leur performance, leur santé, et leur activité physique.

Quand a réellement commencé ta carrière de préparateur physique ?

Lorsque vous prenez en charge des joueurs, athlètes, et entrer dans le cercle très fermé FIFA vous découvrez le monde professionnel. Il y a en chacun des athlètes et des coachs un désir de performance, de progression et c’était avant tout une « équipe de compétiteurs » avec des catalyseurs de victoire…de résultats. Tout cela vous fait prendre conscience que l’on doit s’imposer encore plus, se structurer beaucoup plus, être méthodique beaucoup plus… pour réussir dans son métier. Le fait d’avoir été entouré par des personnes qui réussissent à ce point dans leur domaine, m’a fait dire que je devais me donner les moyens de progresser et d’élargir mes compétences dans ma fonction de préparateur physique, de créateur de projets, mais également d’avancer dans ma vie d’homme.

13535775_10210115057298899_204251534_nD’où te vient cette passion pour le bien-être ? la santé ? le sport ?

Il faut déjà aimer ce que l’on fait, aimer transmettre, partager et aller chercher les bonnes informations. Le métier requiert évidemment une bonne base scientifique concernant la physiologie, l’anatomie, la myologie, la pédagogie, la psychologie et demande aussi d’être capable de s’adapter à des contextes différents. Il faut également s’intéresser à ce que font ses confrères internationaux, s’intéresser à ce que propose les différentes disciplines, aller à leur rencontre pour échanger et apprendre. Il n’existe pas de méthodes miracles donc l’échange et la recherche d’informations sont des éléments vraiment très importants lorsque l’on exerce cette profession. Quand on est préparateur physique, on passe beaucoup de temps à discuter, à la fois, avec le staff quand je m’occupe d’équipes, mais aussi les joueurs donc il faut aussi aimer le relationnel, être attentif et être à l’écoute. Créer de la complicité et de la confiance est un facteur clé pour réussir. Je suis très sensible aux problèmes liés à la santé, depuis de longues années quand vous avez des proches atteints de maladies cardio métaboliques, et un frère handicapé, vous ne pouvez qu’être sensible à ses problèmes. Il faut simplement s’unir de courage pour proposer des programmes adaptés,  suivre et accompagner ces personnes.

Quels sont tes sources d’inspirations ?

Mes sources d’inspiration sont le fruit de recherches, de formations et d’échanges depuis plusieurs années maintenant, j’appelle cela le « benchmarking ». Je lis et surtout me documente énormément de livres, j’ai une très belle bibliothèque que l’on retrouve en salle, je suis abonné à plusieurs revues scientifiques, je déchire également des articles, des interviews liées au sport, la science et tout ce qui touche à la performance.

4Q9A1341Comment te perçois-tu comme préparateur physique ?

Je suis un préparateur physique qui travaille dur jour après jour, assimilant des informations, à l’écoute des sportifs, des clients, apprenant de ses erreurs (car on en fait tous), gagnant en expérience et en confiance.

J’essaie de faire mon métier avec un sens des responsabilités qui touche au rigorisme, même si parfois la difficulté vous fait face. J’essaie aussi de suivre le conseil d’un ami Préparateur Physique Belge qui disait : « Il vaut mieux avoir vingt ans d’expérience que vingt fois un an d’expérience. » Avec des années d’expérience, j’ai constaté plusieurs évolutions qui ont fait de mon métier non seulement quelque chose de plus riche mais aussi de plus difficile à gérer. Cette évolution tient en 3 mots : transversalité, complexité et spécificité.

Qu’est-ce qui te passionne dans ton métier ?

La préparation physique est ma passion. Se mettre en mode « spécifique » d’une discipline, la décortiquer, discuter avec les sportifs, les clients, de se mettre en parfaite cohésion pour atteindre les objectifs à court, moyen et long terme. Je suis aussi exigeant envers moi-même qu’avec mes clients et les sportifs que je prépare. Ce qui me donne le plus de satisfaction, c’est la séance d’entraînement en elle-même. C’est là que je me sens vraiment à l’aise et le plus heureux. Lors de la séance, je joue le rôle du « catalyseur ». J’entre dans une relation avec l’athlète ou le client qui me permet de l’accompagner et de l’aider à se dépasser. Je me considère comme un artisan ; ce qui compte le plus c’est de « fabriquer » un athlète, c’est-à-dire optimiser son potentiel, et faire en sorte qu’il progresse tout en respectant son intégrité physique.

Le côté négatif, c’est surtout le manque de moyens humains et financiers ! On n’accorde pas assez d’importance à la préparation physique ! Ma prochaine formation :un diplôme en Préparation mentale et avoir une salle d’Activité Physique et Santé lié  à la  Performance en collaboration avec des médecins, osthéo, nutritionnistes … avec encore plus d’équipements pour composer mes programmes sur du long terme. J’aimerais disposer d’un GPS par joueur quand j’ai des équipes pour encore mieux contrôler la charge d’entraînement, développer mon propre logiciel et embaucher un préparateur physique en plus pour assurer un meilleur suivi. D’un point de vu plus personnel, j’aimerais aussi consacrer plus de temps à mes enfants.

Enfin, je m’adresse particulièrement à ceux qui veulent travailler sur le haut-niveau et qui recherchent la performance, l’excellence. Je crois qu’il est important de comprendre que les athlètes de haut-niveau et encore plus les champions, sont des gens « à part ». Ils ne sont pas « normaux », ils sont souvent excessifs, obsessionnels, avec un caractère bien trempé ce qui fait d’ailleurs très souvent leur force. Alors vous imaginez que pour encadrer, préparer ses athlètes et tenter d’en faire des champions, il faut que vous en tant que préparateur physique, vous soyez aussi « à part ». Vous ne pouvez pas être quelqu’un d’ »ordinaire » sinon vous vous faites manger, et vous n’arriverez pas à tirer la quintessence des athlètes.

4Q9A1358

Donc il est nécessaire que vous aussi vous ayez une forme d’obsession pour les faire progresser. Vous devez impérativement posséder une forte personnalité, des convictions affirmées et une méthode qui vous est propre. Vous devez gagner leur confiance, leur permettre d’être plus performant. Il vous faut pour cela, être un travailleur acharné, faire d’énormes sacrifices qui viennent parfois perturber ou compliquer votre vie privée et affective, et c’est quelque chose qu’il faut accepter et votre entourage également. Alors si vous souhaitez travailler sur du haut-niveau, c’est comme dans chaque métier, pour bien le faire, il faut se donner les moyens. Il y a bien entendu de nombreux avantages surtout celui de vivre de sa passion, mais aussi certaines contraintes qu’il faut connaitre et bien appréhender avant de se lancer.

Comment établis-tu un programme alimentaire et un programme sportif ?

Je n’ai pas de réponse toute faite ! Je n’ai jamais un programme type pour tous. Tout est dans l’individualisation, nous sommes tous différents et nous fonctionnons différemment.

Si l’objectif est de se muscler, on doit savoir que l’alimentation a autant d’importance que                          notre entrainement.

Comme on ne prend pas 10 kilos par hasard, une visite chez le médecin permet de faire le point sur ses « mauvaises » habitudes alimentaires et sur sa sédentarité. Il faut maigrir certes, mais au bon rythme, en réintégrant tout simplement la notion d’équilibre alimentaire.

Le programme sportif d’un client ou d’un athlète diffère très peu. Il faut « se construire une logique d’entraînement », « de progression ». Il ne faut pas aller trop loin dans un programme ou une planification, c’est une perte de temps incroyable qui rassure peut-être certains esprits, mais qui va assurément en voler des heures.

Il est commun dans le domaine de la préparation physique de mentionner que le meilleur outil pour construire un programme ou une planification sur papier, c’est la gomme. Tellement connu mais tellement vrai, si je dois me poser la question c’est : « comment prévoir l’évolution des performances ? » « Comment prévoir un changement d’emploi du temps ? » « Comment prévoir une blessure ? » « Comment prévoir une déprime passagère ? » « Comment prévoir le temps qu’il fera pour les séances outdoor ? » « Comment prévoir l’imprévisible ? » … C’est tout le temps une remise en question…

Le plus important, c’est d’identifier les besoins. Je mets en place ce que j’appel un « arbre décisionnel » qui m’aide dans l’essentiel des qualités à travailler. Faire connaissance avec les qualités et défauts, les points forts et faiblesses et ce dans différents domaines : qualités physiques, profil psychologique, passé sportif, et surtout, déterminer ensemble les objectifs.

Nous vivons une époque noyée par les informations entre la télévision et l’internet, il est à la fois facile de trouver rapidement des réponses à une question, mais il est tout aussi difficile d’en extraire une once de vérité. Sur un public mal formé à la recherche bibliographique, cela devient un casse tête.

Où peut-on te joindre ?

Sur ma page FB Ksport+ Home Training ou sur contact@ksportplus.com

13523919_10210115062019017_1643388083_o