La délégation tahitienne Cap Marara qui s’est présentée aux championnats de France d’aviron indoor  comptait sept athlètes. Elle rentre, « globalement satisfaite », plus motivée que jamais.

Les championnats de France d’aviron indoor ont eu lieu le 10 février au stade Charlety. Une délégation tahitienne y a participé, sept athlètes de Cap Marara Tahiti. « Globalement on est plutôt satisfait ! », indique Kevin Scott. « Il ne faut pas oublier que l’on est sur une compétition ou l’on côtoie le haut niveau et que c’était une première pour un jeune club comme le nôtre. »

Il ajoute : « la majorité de nos athlètes ont ramé à leur niveau, concédant seulement 2 ou 3 secondes par rapport à la performance pronostiquée dans les conditions d’entraînement au fenua. Avec le voyage et l’ambiance froide et sèche (moins de 15 degrés dans la salle de course) on a qu’une seule contre-performance, on peut donc être satisfaits. »

La délégation comptait sept athlètes : Isaure Serin en FJ16 (classée 26ème), Luc Pison en HJ18 (81ème), Matthieu Forge en 30-39 HPL, poids légers (8ème), Kevin Scott en 30-39 H (10ème), Isabelle Bouteiller en 40-49 FPL (7ème), Teresa Padovese en 50-54 FPL (3ème) et Vaihere Doudoute en FPR3 en para aviron  (7ème).

Des difficultés logistiques et financières

Dans ce genre de déplacements la difficulté principale reste d’ordre logistique et financière. « Sans compter qu’il faut pouvoir se rendre disponible. Certains athlètes ont loupé des cours et d’autres ont dû négocier avec leur employeur pour se rendre dispo », précise Kevin Scott.

« Nous n’aurions pas pu envisager ce déplacement sans l’aide considérable de partenaires. Sur place, ils ont été logés chez Alexandra Caldas, qui était venue faire la traversée Tahiti-Moorea pour le don d’organe en aviron en août, et chez Regis Cresson, coach du club d’aviron SN Oise. Sans eux, difficile d’imaginer une telle aventure. Cette aide supplémentaire nous aura permis de boucler le budget de cette aventure pour laquelle nous avons fonctionné sans financements extérieurs. »

Un projet mûrement réfléchi

Depuis un peu plus d’un an maintenant le Cap Marara a un « solide groupe de pratiquants assidus qui s’entraînement sur les rameurs c2 au moins 3 fois par semaines (30 personnes environ) ». Certains ont bien progressé et ont pu montrer « des résultats très encourageants et prometteurs sur des compétitions et challenges en ligne auxquels nous participons toute l’année ».

Le déplacement aux championnats de France a donc tout naturellement été envisagé pour leur permettre d’une part de se mesurer à la masse des pratiquants Français, mais aussi afin de leur apporter une solide expérience et une motivation supplémentaire.

« Nous avions profité de la compétition du 2 décembre à l’aéroport de Tahiti Faa’a pour établir une hiérarchie interne au club, et ainsi proposer aux athlètes les plus performants de prendre part à ce déplacement. »

Certains n’ont malheureusement pas pu se rendre disponibles, « mais je suis sûr que d’avoir pu suivre cette aventure sur les réseaux sociaux leur donnera envie de faire ce qu’il faut pour être de la prochaine virée ! »

Reprise de l’entraînement

« Maintenant on va reprendre avec plaisir et assiduité l’entraînement ! », annonce kevin Scott. Ce déplacement a eu l’effet escompté : « on est tous repartis motivés par cet enrichissement d’expérience. Ça montre que même si l’aviron est pour le moment une discipline émergente sur le fenua on peut arriver à se frotter aux meilleurs de la discipline…  Comme la plupart de nos athlètes, Teresa a tout juste un an d’expérience dans notre discipline ! »

« Pouvoir brandir notre drapeau sur un podium est fort en émotions, surtout lorsqu’on sait que c’est aux cotés de rameurs qui ont une longue et riche expérience ! On peut que féliciter Teresa pour avoir accompli cela, mais la connaissant elle ne voudra pas en rester là ! »

Le défi est donc de travailler dur à la maison pour continuer à progresser et à dénicher lors de nos événements les futurs aito de l’aviron qui pourront à leur tour faire briller la Polynésie Française !

« On a rien à envier aux clubs Français sur les conditions d’entraînement, et nous n’avons pas encore montré le plein potentiel des Polynésiens. Avec un peu plus d’expérience et un recrutement conduit sur plusieurs années on pourra sans difficultés mettre souvent des Polynésiens aux avants postes de la hiérarchie Française. »

À ce propos, restez connectés, le Cap Marara prépare quelque chose de grand pour les 9-10-11 mars prochains !

Texte : Delphine Barrais