0e4b6048Oleg Léontieff, fils d’Igor Léontieff, vient de participer à sa première compétition. Il était à la Tahiti Nui Cup le 5 novembre dernier, montant sur la deuxième marche du podium. Il enchaîne avec le Tahiti Body Contest le 17 décembre prochain. L’aventure est difficile mais il reste heureux  car il a dépassé des limites qu’il connaît à présent.

Ce samedi midi, Oleg Léontieff sort de son entraînement. Un de plus. Depuis avril, il s’entraîne en salle deux fois par jour. Au programme : des mouvements en double contraction, des supersets et des charges lourdes en début de séance et plus légères en fin de séance. « Je travaille deux muscles différents par jour », précise l’athlète, épuisé. Il a besoin de prendre son repas avant de raconter ses aventures.

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Dans l’attente, il ne se sépare pas de son sourire affable. Pourtant « c’est vraiment difficile en ce moment. Je suis un régime drastique, pire que le premier. Je viens de participer à la Tahiti Nui Cup début novembre et je participe au Tahiti Body Contest, enchaîner deux compétitions c’est trop pour moi. C’est le mental qui tient en ce moment, il me reste trois semaines, ça va être très long. »

« Je savais que je m’y mettrais un jour »

pere-et-filsL’engagement du bodybuilder est très récent. Avant, « j’ai profité », explique-t-il. « En fait, j’ai toujours été plus ou moins dans le monde du bodybuilding. Avec mon père, je ne pouvais pas vraiment faire autrement. Je me suis entraîné comme les copains parce que c’est un peu la mode mais  je n’ai pas voulu commencer trop tôt les compétitions.» Oleg Léontieff a tenu bon pendant près de 30 années malgré les sollicitations. « Depuis que j’ai 20 ans on me demande : ‘tu ne vas pas faire comme ton père ?’. Je savais que je m’y mettrais un jour, mais je voulais attendre un peu ». En 2014, à l’aube de son trentième anniversaire – il est né en 1985 – il s‘est lancé.

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Pour atteindre ses objectifs, Oleg Léontieff est suivi par Tauhiro Yip, champion de France de l’IFBB en moins de 90 kg. « Il me coache depuis que je me suis fixé comme but de participer à deux compétitions en 2016. » Tout a commencé par un régime drastique entre avril et octobre. « Au menu j’avais du blanc d’œuf, du blanc de poulet, des légumes verts ainsi que des shake protéinés. » Un menu dont la composition n’a pas changé pendant ces sept mois de préparations mais dont le volume des portions a évolué.

oleg-leontieff-34Par ailleurs, chaque jour de la semaine, une heure sur sa pause de midi et une heure trente le soir, il est en salle « pour faire du muscle ». Début octobre son menu a été modifié. « Jusqu’au 5 novembre, je n’ai plus eu que des blancs d’œufs et de l’eau, pour sécher. » L’entraînement, lui, n’a pas changé. Trois jours avant la compétition, « j’ai arrêté l’eau pour faire la balance du potassium et du sodium ». Enfin, le matin du jour J, « j’ai envoyé du sucre, pour faire paraître les muscles plus gonflés. C’était un timing test. La prochaine fois je le prendrai deux jours avant car je pense que je peux faire mieux, je n’étais qu’à 60% à mon avis ».

La prochaine fois, c’est le 17 décembre. Entre les deux rendez-vous, Oleg Léontieff n’a pas soufflé, ou quasiment pas. « J’ai pris quatre jours, du 6 au 9 novembre pendant lesquels j’ai pu manger ce que je voulais. » Le 10, il a repris une diète. « Dur. On appelle ça le régime cétogène avec seulement des lipides et des protéines. Il n’y a pas de sucre. C’est à base de saumon, j’ai aussi du blé, des blancs d’œufs, de la salade et des légumes verts. Le tout en très petite quantité, entre 100 et 280 grammes. »

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Le rythme des entraînements est le même. « C’est un régime test, que je ne recommencerai pas. Je tiens au mental. Je ne cherche pas à prendre de muscle, en un mois, il ne faut pas rêver on n’a pas le temps d’en prendre, je fais avec ce que j’ai réussi à obtenir pour la compétition du 5 novembre, je joue maintenant sur la qualité musculaire. »

Les jeux du Pacifique en 2019

Cet objectif, à savoir l’enchainement de deux compétitions, est le premier et le dernier du genre pour Oleg Léontieff. Sans regret, il explique : « Je sais que j’aurais poussé mon organisme au maximum, je suis content, je vois ça comme un apprentissage. J’ai repoussé mes limites que je connais désormais. » Il n’abandonne pas la compétition pour autant. Il y a pris goût. « Je reprendrai les entraînements à partir du 5 janvier. Je veux reprendre de la masse pour participer au Tahiti Body Contest 2017. Il faut que mon corps s’habitue aux régimes et aux compétitions. »

En 2019, Oleg Léontieff espère pouvoir intégrer la sélection polynésiennes des athlètes qui partiront aux Jeux du Pacifique organisés à Nukualofa aux îles Tonga.

15152290_1793911497517633_1171839756_oLe Tahiti Body Contest

Cet évènement aura lieu le samedi 17 décembre au Méridien Tahiti. Le TBC clôture ainsi la saison 2016 de bodybuilding, toutes fédérations confondues. « C’est une compétition qui a lieu chaque année. Elle est privée, c’est-à-dire que nous ne sommes pas rattachés à une fédération. Tous les athlètes peuvent s’inscrire, à condition qu’ils disposent de l’autorisation de leur fédération respective. Les inscriptions sont payantes, pour 2 500 Fcfp, et c’est ouvert à tous. » énonce Dany Gérard.

Delphine Barrais