Chers internautes, comme vous le savez, le bien-être ou le « Healthy Lifestyle », c’est très tendance de nos jours. Faire du sport, mieux manger, se sentir mieux dans sa peau, tout cela nous préoccupe de plus en plus. Certaines  personnes vont plus loin dans la démarche en optant pour une vision plus holistique du bien-être, c’est-à-dire en replaçant l’individu au centre des préoccupations et  en le considérant dans sa globalité. Nous avons rencontré l’une de ces personnes.

Réale Couchaux, gérante de Red Zone, coach et bloggeuse (http://greenzonetahiti.com/), fait partie de ces personnes qui militent pour un monde meilleur. Non seulement engagée dans le fitness, Réale essaye de transmettre une vision très engagée du bien-être.

[quote font_size= »17″ bgcolor= »#e3f4bf » color= »#000000″ bcolor= »# » arrow= »yes »] »Quand on donne des conseils alimentaires, ce n’est pas seulement pour avoir un ventre plat et des jolies fesses, j’ai presque envie de dire que ça, c’est secondaire, la priorité c’est la santé et l’environnement. »[/quote]

Portrait:

Réale Couchaux, 36 ans.

J’ai grandi à Tahiti, j’ai fait des études d’histoire-géographie, j’ai passé mon CAPES en 2002. J’ai enseigné l’histoire-géographie.

Suite à ça, j’ai décidé de me reconvertir vers d’autres horizons. Je suis partie à Paris pour m’orienter vers le bien-être en général et le fitness.

Pourquoi ? Parce que j’ai été sensibilisée à ce milieu depuis mon enfance.

Le déclic… j’avais envie d’être utile de manière plus… comment dirai-je ? J’avais envie d’apporter quelque chose de beaucoup plus global à l’individu que ce qu’on peut apporter à un élève dans une classe dans une matière. Le système de l’Éducation nationale ne me correspondait pas.

J’ai grandi à Vital (de 6 à 26 ans)! J’ai pratiqué, pratiqué, pratiqué. Mais j’ai vraiment été dans le fitness à partir de 2000, avant j’étais plus dans la danse avec Lorenzo et Teiki.

Caro est une prof qui est extrêmement inspirante : elle m’a donné envie de transmettre quelque chose. Plus dans la transmission du bien-être que dans la performance physique, parce que ça, ce n’est pas quelque chose qui m’intéresse. Inviter les gens à se réapproprier leurs corps. Donc ça a motivé ma démarche et je suis passée à autre chose, j’ai fait des formations et en bien-être et en fitness.

En 2009, j’ai passé tout ce qu’il fallait et j’ai travaillé sur Paris jusqu’en 2012. Et puis je suis revenue à Tahiti.

De là, j’ai été fitness manager à Stargym et à Star System. Et puis l’opportunité de Red Zone s’est présentée et donc je suis passée à autre chose.

Entre temps, une formation BPJEPS s’est faite à Tahiti, je suis intervenue sur tout ce qui était sociologie, sciences humaines plutôt, parce que c’est plus ma partie.

« On travaille pour un monde meilleur et en pleine forme », ça revient souvent dans les articles de Green Zone Tahiti. C’est vraiment le leitmotiv : que des gens reprennent conscience de leurs corps et que de par ce travail ils arrivent à faire émerger et éveiller leur conscience.

Justement, sur ton blog… parce que tu as un blog qui s’appelle « Green Zone », tu parles beaucoup de bien-être, donc on voit que pour toi c’est essentiel.

Ça va au-delà du bien-être, il faut vraiment se positionner dans une vision holistique, c’est-à-dire qu’on fait partie d’un tout et que chaque action qu’on a, a une répercussion sur son environnement et sur la planète, sur l’écologie.

Quand on donne des conseils alimentaires, ce n’est pas seulement pour avoir un ventre plat et des jolies fesses, j’ai presque envie de dire que ça, c’est secondaire, la priorité c’est la santé et l’environnement. Et le bien-être de ceux qui nous entourent, pas que le nôtre, parce que du coup ça change l’alimentation qu’on va donner à ses enfants, ça réduit les maladies cardiovasculaires, ça réduit les frais de la CPS, ça réduit les risques de maladie des enfants, ça réduit la pollution, ça réduit la souffrance animale, etc., etc. Donc c’est toute cette dynamique-là, toute cette succession qui fait partie d’un tout. C’est ce qu’on essaye de faire comprendre aux gens : que la moindre action, elle va bien au-delà de ce qu’ils font eux.

Donc c’est vraiment une philosophie à part entière qu’on ne retrouve pas dans une autre salle ?

Non, je ne pense pas… On ne fait pas du militantisme, on n’ira pas jusque-là, mais on a vraiment une vision engagée dans l’écologie.

Et qu’est-ce qui te plaît le plus dans ton métier ?

C’est justement ça, c’est la possibilité de transmettre quelque chose et la possibilité d’éveiller les consciences. C’est-à-dire que les gens viennent au départ pour perdre 10 kilos parce qu’elles ne se sentent pas belles, et nous, notre objectif c’est de les emmener à autre chose et de se reprendre en charge. Bien sûr qu’elles vont perdre ses kilos ou bien sûr que les mecs vont avoir leurs abdos, oui, mais nous, on essaye d’aller plus loin que ça.

Notre slogan c’est « Oser une autre vie », c’est vraiment ça. Si on est assidu, les choses changent. Mais autre chose peut en découler, c’est cette chose qui me motive en tout cas dans ce métier-là.

Quels sont tes secrets fit et beauté ?

Mes secrets, ils ne sont pas si secrets que ça parce que je les diffuse ! Je suis végétarienne pour des raisons de protection animale parce que c’est quelque chose qui me tient à cœur et puis pour tout ce qui est santé. Je suis un entrainement régulier, c’est pareil, ça fait des années et des années que je fais ça, je ne suis pas tombée dedans non plus, je n’ai pas des parents spécialement sportifs, mais voilà, j’ai une assiduité dans le milieu. Et puis je consomme bio, du produit ménager à la couche hygiénique, en passant par le savon !

Est-ce que pour toi cette philosophie de vie est accessible à tous ?

Elle demande beaucoup de temps. C’est un processus en fait. C’est toute la difficulté quand les gens franchissent la porte, parce qu’ils viennent pour un objectif qui est de se remettre en forme et la démarche prend du temps car tout d’un coup plus ça va, plus tu commences à débloquer des choses. Si tu veux changer ton alimentation, ça ne se fait pas du jour au lendemain. Donc il faut réapprendre à cuisiner, il faut se réorganiser, il faut réorganiser son temps, il faut réapprendre à manger, il faut réapprendre à partager du temps avec ses enfants. C’est toute une réorganisation de la vie. Donc, accessible à tous, oui mais avec des concessions, enfin « des concessions », ce n’est même pas le mot, mais accepter que ça passe par une déstructuration, donc une phase inconfortable. C’est pas le côté bisounours « j’aime tout le monde, peace and love dans le monde », ça ne se passe pas vraiment comme ça dans la réalité ! Quelqu’un qui veut une vie meilleure est obligé de revoir son mode de vie actuel et ça demande à changer les habitudes et l’être humain n’aime pas changer ses habitudes. Mais c’est accessible oui.

Tu parles de privation, mais toi aujourd’hui est-ce que tu ressens cette privation?

Non. Mais c’est justement de passer ce cap chez les gens de leur faire comprendre qu’on n’est pas en privation. On mange différemment. Aujourd’hui, ne pas manger de viande, je n’ai pas du tout envie d’en manger ça m’écœure. Manger des glaces, du coca… ça doit faire 15 ans que je n’ai pas gouté de coca, manger du Mc Do ou tout ça, c’est inconcevable. Parce que mon palais s’est déshabitué. Avant autant je pouvais manger au Lagon Bleu, autant aujourd’hui je fais ça, je vais être malade 15 jours. Mais c’est juste parce que l’organisme s’est déshabitué, donc après on n’a plus les mêmes goûts, les mêmes envies. Je m’éclate à aller manger dans un restau vegan et je n’ai pas l’impression de me priver quand je passe à côté du foie gras ou de la buche de Noel. C’est un cheminement, ça ne s’est pas fait du jour au lendemain.

Reale n’est pas née vegan, elle a mangé des casse-croûtes chao men et bu du singapour comme tout le monde.

Et est-ce que les Polynésiens qui ont quand même une culture différente de ce mode de vie, est-ce qu’ils sont prêts à basculer ?

Ça va être très lent. Mais on le voit, on voit bien que la tendance est là. Les magasins bio sont de plus en plus nombreux. Les restaurants proposent de plus en plus de plats végétariens.

Est-ce qu’ils sont prêts à le faire ? De toute façon, la réponse est simple, ils n’auront pas le choix à un moment donné : 70% de la population est en surpoids, la CPS n’assurera jamais tout ça. On continue comme ça, dans 10 ans le taux de mortalité risque d’être plus important. Donc ils n’auront pas le choix de toute façon, que ça plaise ou pas.

C’est ce que je disais : à un moment donné, ce n’est pas confortable mais inévitable.

Et ce mode de vie ne coûte pas forcément plus cher. Parce qu’en fait, quand tu commences à changer ton alimentation, tu réduis certaines choses. La viande coûte cher par exemple : je l’enlève, je fais des économies là. Donc je peux remettre cet argent sur autre chose. Par contre, il faut cuisiner, ça c’est chiant … C’est vraiment une réorganisation. Mais plus cher, pas forcément.

Que répètes-tu le plus souvent à tes élèves, aux personnes que tu coaches ?

Je ne suis pas réputée pour être « tendre », je suis assez dure dans le sens où je voudrais qu’ils prennent conscience qu’on n’a rien sans rien et que persévérance, continuité, détermination, il n’y a que ça qui paye. Ça ne veut pas dire qu’on ne flanche pas, mais mon discours est assez ardu, je pousse toujours les gens dans leurs retranchements et je vais toujours les rechercher quand ils s’écartent. Voilà, j’axe beaucoup là-dessus. Alors c’est sûr que ce n’est pas toujours dans la tendresse.

Ils en redemandent ?

Ils se rendent bien compte qu’à un moment donné c’est ça qui paye et que leur santé va mal dès qu’ils reviennent dans un ancien mode de vie ou autre. Donc ils en sont conscients, seulement, comme j’ai dit, c’est vrai que ça demande de réaménager la vie et les êtres humains n’aiment pas qu’on change leurs habitudes et donc c’est lent. Il faut accepter… Car notre société n’aime ni l’effort, ni la constance, ni la durée. Il faut tout, tout de suite, maintenant et rapide et vite. Or là on est dans une tout autre démarche. Donc voilà mon message : PERSEVERANCE !