Quand on pratique une activité physique, on s’expose au risque de se blesser. Et c’est normal ! Le seul moyen pour ne jamais se faire mal, c’est de ne rien faire. Certaines blessures sont cependant plus fréquentes que d’autres et peuvent être facilement traitées quand on connait les bons gestes.

Karyl Peyrolle, physiothérapeuthe, fait le point sur ces blessures dites “courantes” du sportif : leur nom, comment elle surviennent, et les réflexes à adopter face à chacune. “Les types de blessures rencontrées sont très différentes selon l’activité physique pratiquée”, précise Karyl. “Il faut différencier une ​blessure traumatique​, qui arrive de façon soudaine et aiguë, et une ​blessure d’usure​, qui s’installe graduellement, très souvent due à une biomécanique défaillante”. Paroles d’expert :

Course à pieds

La majorité des problèmes liés à la course à pieds sont concentrées dans les jambes et sont souvent des blessures d’usure, le genou étant la partie la plus à risque. On distingue 2 type de blessures fréquentes chez le coureur :

  • Le syndrôme rotulien : ​C’est ’une inflammation au niveau de l’articulation entre la rotule et le fémur. Une friction trop importante lors de l’impact du pied au sol endommage le cartilage dans cette zone, et la rend douloureuse. C’est un syndrome difficile à identifier car il met plusieurs semaines à s’installer.
  • Les Tendinopathies & tendinites​ : Une tendinite est une inflammation du tendon. Une tendinopathie est une dégénérescence du tendon dû à un stress excessif et inapproprié. Soumis à ce stress, il se détériore et devient douloureux. Ces problèmes peuvent venir de faiblesses ou raideurs musculaires, d’un entraînement ou de chaussures inadaptés, ou des “pieds plats”, phénomène très présent ici en Polynésie.

Fitness

L’éventail de blessures est plus large en fitness, parce qu’il comprend beaucoup plus de mouvements, de rythmes, et sollicite l’ensemble du corps de manière soutenue. Mais l’une des plus fréquentes est la suivante :

  • Le pincement de la coiffe des rotateurs ​: L’épaule a une mécanique formidable, c’est l’articulation qui a le plus d’amplitude. Sa stabilité est donc primordiale. Cette stabilité est assurée par la “coiffe des rotateurs” qui englobe l’articulation. Quand la stabilité est compromise, il y a un pincement au niveau des tendons lors de mouvement rapides ou rotatifs. La douleur est très vive, se ressent assez vite, et rend certains gestes quotidiens très compliqués ! Ce syndrome est donc dû à une instabilité de l’articulation lors de mouvements rapides ou en rotation.

Musculation

  • L’arthropathie micro-traumatique de l’articulation acromio-claviculaire ​: Ce nom barbare désigne une blessure d’usure entre la clavicule et l’omoplate, très courante chez les pratiquants de musculation à haute dose. Cette articulation est particulièrement sollicitée en charges lourdes. Quand elle l’est trop, Une douleur se fait ressentir dans les gestes quotidiens également.
  • Les Lombalgies ​: C’est une douleur au niveau du bas du dos, aux lombaires, causée par des pressions trop fortes qui engendrent une contracture des muscles. Elle apparaît lors d’un faux mouvement du dos quand on porte une charge lourde (en squats ou deadlifts). Dans les cas les plus graves, ces pressions peuvent provoquer un tour de rein ou une hernie discale… “

Nous avons demandé à Karyl quels réflexes adopter quand la douleur apparaît et qu’on soupçonne l’une des blessures énumérées. Voici ses conseils :

“La douleur est une sonnette d’alarme tirée par votre corps pour vous prévenir d’une défaillance. Il est très important d’avoir les bons gestes. Déjà, il ne faut SURTOUT PAS :

  • Appliquer du chaud : la blessure ne pourra qu’empirer.
  • S’étirer : selon la nature du problème, ça aura plus d’effets néfastes que bénéfiques.
  • Boire de l’alcool : les mêmes effets que l’application de chaud !

En revanche,IL FAUT :

  • Modérer ​ou stopper son activité : Modifier certains mouvements, mettre moins de charges, être patient et accepter de progresser moins vite.
  • Appliquer de la ​glace​, qui a un effet analgésiant et contrôle l’inflammation. L’appliquer sur la zone 15min 2 à 3 fois par jour, et ne pas oublier de protéger sa peau avec un tissu avant, pour éviter les brûlures liées au froid.
  • Consulter un ​généraliste si une prescription de médicaments est nécessaire.
  • Prendre ​RDV le plus vite possible avec ​un spécialiste​, thérapeuthe : Lui seul pourra vous expliquer la nature de la blessure et mettre en place un plan d’action pour la guérir. Il vous donnera également les meilleurs conseils pour éviter son retour !”

Enfin, Karyl nous explique comment prévenir au mieux l’apparition d’une blessure :

“Si une gêne ou une douleur apparaît, il ne faut pas attendre qu’elle s’installe : plus on attend, plus le corps compense et cela s’aggrave avec le temps, créant d’autres problèmes. Plus la blessure est prise tôt, moins de temps cela prendra pour la guérir. L’idéal est de faire appel à un coach, qui mettra en place un programme sportif adapté. Si on ne peut pas, il est tout de même important d’avoir un programme approprié à ses capacités, et de commencer par exécuter correctement un mouvement avant de chercher la performance !”

Conclusion : La douleur, c’est en fait votre corps qui vous envoie un signal pour dire “Stop”. Par conséquent, dès qu’on a mal, on s’arrête, on se repose et on consulte ! Et surtout : peu importe le sport qu’on pratique, on ne cherche pas à progresser trop vite, au risque de mal faire et se blesser.

texte: Julia Le Métayer