René Châtelain a fait une longue carrière de gendarme avant de devenir prof de fitness. Une reconversion et un changement de vie radical. Il travaille aujourd’hui au Vaima Fitness Club où il donne les cours de RPM, sprint, bodyattack et bodypump et attention, il aime sortir les gens de leur zone de confort. Plus l’effort sera dur, plus la satisfaction sera grande.

4Q9A0540Il y a presque vingt ans, René Châtelain menait une toute autre vie. Elle était faite d’uniformes, de départs, de retours, et de beaucoup d’attentes. René était gendarme mobile. De l’action, il y en a eu mais pas assez à son goût. « Quand on voit les publicités de recrutement, on les voit monter à des cordes, être sur des bateaux, être en pleine action mais la vie de gendarme c’est à 90% du statique. » Après 16 ans et demi de gendarmerie, il se décide à quitter pour de bon les rangs militaires. C’est un voyage à Tahiti qui va le décider. Trois mois en poste au fenua dans le cadre d’une mission et il sait que c’est ici qu’il veut vivre et pas ailleurs. « Un coup de foudre », résume-t-il avec le sourire. Pourtant il connaissait l’outre-mer pour y avoir fait plusieurs missions, en Nouvelle-Calédonie notamment, mais ce n’est pas pareil. C’est Tahiti qui le fait chavirer. Pour y vivre, il doit se reconvertir. « Il fallait que je trouve quelque chose qui soit dans mes cordes. J’avais mon permis poids lourd, j’ai commencé par être chauffeur de bus touristique à Moorea. » Changement de décors total, après les uniformes, les colliers de fleurs, la plage, la mer… Et des touristes anglophones. « J’avais des bases scolaires en anglais mais là il a fallu que je m’y mette vraiment. » Son rythme de vie s’apaise, avec ce travail, il rentre chez lui tous les soirs, il devient « sédentaire », comme il le dit. L’occasion rêvée pour faire des compétitions. Il fait deux Aito man, des triathlons organisés à Moorea. Le premier est un test mais le second, il termine premier de sa catégorie (vétéran).

C’est en côtoyant ce milieu du sport qu’il va faire des rencontres qui vont changer une nouvelle fois sa vie. Des personnes du milieu du fitness lui parlent de ce sport et une idée émerge : pourquoi ne pas devenir professeur de fitness ? Chauffeur de bus pour les touristes c’est bien mais prof de fitness c’est mieux ! Et puis il revient finalement à ses premières amours. Au collège déjà son idée est d’être prof de sports mais la vie, les orientations, les hasards, vont d’abord l’entraîner vers une carrière militaire. En 2002, il se lance : il passe le tronc commun à Tahiti puis retourne en métropole suivre une formation de brevet d’état métiers de la forme. Il rentre au fenua, diplôme en poche, et débute… avec les militaires. C’est au club associatif de l’armée (le CSAIT, le club sportif artistique interarmées de Tahiti) qu’il va commencer ses premiers cours de fitness. Et puis il écume différentes salles, d’abord en patenté, puis en tant que salarié. Aujourd’hui, il est salarié du Vaima Fitness Club.

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4Q9A0529Il enseigne dans les cours de RPM, bodyattack, bodypump et sprint. Le vélo, c’est vraiment son truc. Cela fait maintenant plus de 10 ans qu’il donne des cours de RPM. Quand il a commencé, il en était à la séance Lessmills 18, il est arrivé aujourd’hui à la 72e. « J’aime aller chercher les choses en profondeur. Je ne veux pas m’éparpiller, je préfère me concentrer sur certaines activités », explique-t-il. Des gestes simples, répétés, pour toujours mieux les faire. Le sprint, c’est aussi du vélo. Ca dure moins longtemps mais c’est beaucoup plus intense. Bodypump et bodyattack complètent sa panoplie. « Je suis assez violent, reconnaît-il. Dans les cours de RPM, je secoue les participants mais je leur dis toujours que c’est pour la bonne cause ! » Et René souffre autant que ses clients : « Il y a un rôle modèle. Si on veut être crédible, il faut avoir cette attitude-là aussi. » Se donner à fond, ne rien lâcher. Il sait que parfois ça peut faire peur mais les gens s’adaptent ou pas, chacun trouve le coach qu’il lui faut. Ce challenge-là lui plait particulièrement. « Voir des gens revenir au cours alors qu’ils disaient ne pas trop aimer le vélo et puis finalement ils deviennent des adeptes, c’est un vrai plaisir. » Accrocher des gens, c’est ça qu’il aime.

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Il y a aussi beaucoup d’autres satisfactions comme celles du coaching. Il a notamment suivi Hinarere Taputu pendant deux ans, de sa préparation pour devenir Miss Tahiti à celle de sa participation à Miss Monde. « J’aime le sport, les challenge, pousser les gens dans leurs limites pour essayer de leur faire atteindre leurs objectifs. Je les amène dans leurs derniers retranchements et quand il y a du répondant, ça me plaît ! » Se faire mal, sortir de ses zones de confort et amener les clients vers le bien-être. Plus l’effort sera difficile plus la satisfaction sera grande. « On est son propre champion. » René Châtelain aura 55 ans dans quelques semaines. Aujourd’hui marié avec un petit garçon, son métier lui a permis de trouver un équilibre de vie qui lui convient. Sa reconversion : si c’était à refaire, il referait tout pareil !

Lucie Rabréaud