Crédit photo: Tahiti Infos / SB

Pour assurer financièrement leur préparation, leur entraînement et leurs déplacements, les  athlètes ont souvent besoin de sponsors. Car ces postes pèsent sérieusement dans leur budget personnel. Sophie Lubet participera à l’Arnold Classic en Australie en mars et au championnat de France en avril, elle cherche des fonds.

MSD_0468« Je suis à la recherche de sponsors », explique l’athlète Sophie Lubet qui a remporté l’IFBB Open Polynésie Championship 2016 dans 2 catégories (master et -1,69 m) le 2 avril dernier. Elle s’envole en Australie en mars 2017 pour participer à l’Arnold Classic puis en France en avril 2017 pour les championnats de France. « Les vainqueurs de l’open toute catégorie voient leurs frais payer pour ces participations, les premiers de chaque catégorie peuvent s’y rendre également, mais à leurs frais. Ce qui est mon cas. » Mais le coût de la participation, du déplacement, du coach et des compléments alimentaires est important et difficilement supportable.

« J’ai donc lancé des demandes de sponsoring ».

Mais quelle est la marche à suivre ?

« J’ai commencé par faire la liste de toutes les entreprises susceptibles de pouvoir me répondre et qui avaient une image dynamique et des valeurs sur lesquelles on pouvait se retrouver. »

Sophie a envoyé un dossier en se présentant, elle et son palmarès mais aussi ses motivations. Elle a ajouté son calendrier de compétitions. Les entreprises, très sollicitées ont leurs critères, elles priorisent et ne peuvent pas aider tous ceux et celles qui ont des projets. Après un premier envoi, pour se distinguer et faire preuve de motivation, il a fallu relancer les entreprises, sans faire de forcing, pour confirmer ou non la réponse.

Sophie a aussi mis au point une stratégie parallèle, indirecte, de recherche de sponsor. « Je me suis tournée vers des entreprises qui peuvent me soutenir autrement que financièrement. Par exemple, une compagnie d’assurance, un distributeur d’eau minérale et même un équipementier. Tout soutien, quelle que soit sa forme, permet de soulager mon budget. « J’ai un coach qui croit en moi et je suis dans les meilleures conditions d’entraînement chez Roberto, il faut tout essayer pour continuer d’avancer. »

Sponsoring : la check list

  • Rédiger un dossier avec présentation personnelle, calendrier de compétitions, motivations ;
  • Faire la liste de tous les sponsors éventuels ;
  • Établir une double stratégie : directe et indirecte. Autrement dit contacter les entreprises susceptibles de donner financièrement, matériellement ou bien celles qui peuvent prendre en charge toute ou partie du budget ;
  • Les contacter et leur envoyer le dossier ;
  • Passer à la phase relance si le premier envoi reste sans réponse. Ne pas « harceler » les destinataires.

 

La parole, Tahia Teikikaine, coordinatrice du programme ambassadeur chez Air Tahiti Nui

Nous ne recrutons pas d’ambassadeurs, nous attendons qu’ils viennent vers nous, car c’est une première preuve de motivation. Ensuite, nous recevons leur dossier où doit se trouver une présentation d’eux, de leur discipline, parcours, palmarès, ainsi que leurs objectifs et moyens. Il n’y a pas vraiment de dossier type, à chacun de faire le maximum. Il faut aussi bien comprendre que le sponsoring n’est pas du mécénat. On attend donc une contrepartie, c’est donnant-donnant. Ce que l’on attend c’est que les athlètes portent les valeurs du sport, qu’ils fassent preuve d’attachement au fenua et à termes, qu’ils passent le flambeau, qu’ils transmettent leur savoir. La sélection des dossiers dépend des situations. Si un athlète vient nous voir avec un titre de champion de Polynésie et une recommandation de sa fédération, c’est 30% du travail effectué. Il importe aussi une volonté de s’exporter, d’aller toujours plus loin, d’améliorer ses performances. Cela compte pour 30% supplémentaire. Le reste c’est la motivation et l’engagement. Nous essayons de suivre les athlètes au moins trois ans, mais nos accords doivent être reconduits chaque année.

 

Harmoniser le statut

Nous sommes très reconnaissants de tout ce que font les fédérations pour les athlètes et des opportunités qui nous sont offertes. Nous regrettons seulement qu’il n’y ait pas d’harmonisation. Il y a deux fédérations et cela pose certaines contraintes. Par exemple, l’IFBB Tahiti Bodylbuilding & Fitness, prend en charge le déplacement vers des compétitions internationales mais, n’ayant pas la délégation de service publique, elle ne permet pas aux athlètes qui y sont affiliés d’avoir le statut d’athlète de haut niveau. Ce qui est non seulement handicapant dans une démarche de recherche de sponsor mais ne permet pas non plus de bénéficier des aides individuelles du Pays. Le coup de pouce, pour régulariser tout cela pourrait venir du pays qui pourrait donner le statut de haut niveau à tous les athlètes qui remplissent les critères et pas seulement aux athlètes de la fédération polynésienne d’haltérophilie, musculation et disciplines associées.

Texte: Delphine Barrais